International Politique

L’élection présidentielle algérienne menacée de boycott

À 24h de l’élection présidentielle algérienne, les manifestations se sont multipliées à Alger, la capitale. Les contestataires reprochent aux cinq candidats d’être tous des proches de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Selon l’ANIE, l’Autorité Nationale Indépendante des Élections, 24,5 millions d’Algériens se rendront aux urnes afin d’élire un successeur au président déchu Abdelaziz Bouteflika. Après plusieurs reports, les 18 avril et 4 juillet, le 1er tour de l’élection présidentielle algérienne aura finalement lieu demain. Mais depuis l’annonce de la candidature de l’ancien président algérien en février, l’élection est menacée par des manifestations qui ont lieu chaque mardi et vendredi réunissant des milliers d’Algériens dans les rues de la capitale. Face à ces contestations violentes du mouvement citoyen « Hirak », Abdelaziz Bouteflika avait retiré sa candidature pour un cinquième mandat. Cela n’a pas pour autant apaisé les Algériens en colère. Ils demandent un vrai scrutin, libre et transparent et estiment qu’ils ne l’ont pas.

Tous les mêmes ?

Les 5 candidats en lice sont en effet tous des proches de Bouteflika, deux ont été ses premiers ministres et deux autres ses ministres. Leurs meetings attirent peu de monde et sont régulièrement la cible des manifestants. Outre leurs profils similaires, leurs revendications sont presque identiques. Les cinq « A», comme on les surnomme (car leurs prénoms commencent tous par un A) promettent de satisfaire les revendications du Hirak, de revoir la Constitution afin de renforcer la démocratie, et d’assurer l’indépendance de la justice.

Ali Benflis, 75 ans qui a créé son parti « Avant-garde des libertés » est le plus connu. Il a été le Premier ministre de Bouteflika en 2000. C’est la troisième fois qu’il se présente aux élections présidentielles. Abdelmadjid Tebboune, 74 ans est membre du Comité Central du Front de Libération Nationale (FLN), l’ex parti de Bouteflika mais se présente sans étiquette. Lui aussi, Premier ministre de l’ancien président mais seulement pendant trois mois. Abdelkader Bengrina, 57 ans est quant à lui membre du parti El Binaa, un mouvement islamiste. C’est l’ancien ministre du Tourisme de 1997 à 1999 sous Bouteflika. Abdelaziz Belaïd, 56 ans, a également créé son parti FLM ( Front El Moustakbal). Il avait déjà été candidat en 2014 recueillant 3 % des suffrages exprimés. Enfin, Azzedine Mihoubi, 60 ans, ministre de la Culture sous Bouteflika, jusqu’au mois de mars. Il est actuellement secrétaire général du RND, un parti associé au FLN, le parti au pouvoir avec l‘armée, et fait figure de favori puisque le FLN le soutient.

Cette veille du scrutin coïncide avec la date anniversaire de la grande manifestation pour la libération de l’Algérie, en pleine guerre d’indépendance, le 11 décembre 1960. Des repères historiques qui font écho à la nouvelle indépendance dont rêvent les manifestants.

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