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Michel Hidalgo : les grandes dates de son aventure bleue

L’ancien sélectionneur de l’Équipe de France de Football, Michel Hidalgo, s’est éteint à l’âge de 87 ans, hier, dans son domicile familial de Marseille. Dans un premier temps joueur professionnel puis par la suite entraineur et sélectionneur des Bleus, le Français a marqué le football hexagonal de son empreinte. Retour sur cinq grandes dates de la carrière de ce « grand monsieur » du football mondial.

De sa nomination à la tête des Bleus à la consécration de l’Euro 84, sans oublier le mondial tragique de 1982, en passant par le match des grandes premières contre la Tchécoslovaquie, Michel Hidalgo est devenu l’un des pionniers de la reconnaissance de la France sur le football international.

Novembre 1975 : une nomination pour un nouvel espoir

L’Équipe de France de football sort d’une période de deux ans sous la houlette de l’ancien entraîneur roumain de l’Ajax Amsterdam, Stefan Kovacs. Si cette période n’a pas amené de résultats concrets, elle a permis de reconstruire une équipe bleue en difficulté sur le plan physique et tactique. Cette satisfaction est aussi le fruit du travail de l’adjoint de Kovacs qui sera récompensé en prenant le relais à la tête des Bleus. Cet adjoint s’appelle Michel Hidalgo et en novembre 1975, la fédération française de football décide de lui faire confiance pour poursuivre les ambitions françaises. Il ne lui faudra pas longtemps pour inculquer à ses joueurs les principes du jeu ouvert axé sur la partie offensive et façonner l’une des meilleures équipes de l’histoire de l’Équipe de France. Le début d’une grande histoire d’amour.

Michel HIDALGO (à droite) devient le nouveau sélectionneur des Bleus en 1975 et prend la relève de Stefan KOVACS (à gauche). (Photo : Jean François Grousset)

27 mars 1976 : le soir des grandes premières

Quatre mois après sa nomination à la tête de l’Équipe de France, Michel Hidalgo est très attendu pour son premier match dans la zone technique française. Le 27 mars 1976, à l’occasion d’un match amical, la France rencontre la Tchécoslovaquie au Parc des Princes. Le natif de Leffrinckoucke (Hauts-de-France) ne tarde pas à imposer ses choix. Ce soir-là, l’ancien joueur du Stade de Reims décide de lancer dans le grand bain un jeune défenseur de 20 ans, Maxime Bossis, ainsi qu’un certain Michel Platini, milieu de terrain de Nancy.

La patte Hidalgo se fait rapidement sentir, le jeu est fluide, des passes propres toujours axées vers l’avant et un collectif solidaire. Michel Platini marque pour sa première sélection sur un coup-franc indirect et l’Équipe de France mène 2-0 à une vingtaine de minutes de la fin du match. Les Bleus se font pourtant surclasser physiquement en cette fin de rencontre et concèdent deux buts synonymes de match nul face aux futurs champions d’Europe. Le résultat ne reflète en rien le match des Français, qui semblent avoir trouvé une nouvelle identité de jeu.

Michel Platini (à droite) demandant à Henry Michel (à gauche) de le laisser tirer le coup-franc pour le deuxième but français. (Photo : TheVintageFootballClub)

8 juillet 1982 : la tragédie de Séville

La France est en demi-finale de la Coupe du monde de football, 24 ans après sa dernière présence à ce stade de la compétition. Le parcours des Bleus est jusqu’ici quasi parfait. L’objectif est d’ores et déjà atteint mais une place en finale, ou même une victoire mondiale, ne serait que du bonus. Hidalgo et ses joueurs ne le savent pas encore mais ils sont sur le point de vivre l’un des plus grands matchs de l’histoire du football.

L’Allemagne prend rapidement le dessus et malmène la France pour ouvrir logiquement le score dès la 17ème minute de jeu. Les Bleus réagissent et haussent leur niveau de jeu. Après une faute sur Dominique Rocheteau dans la surface de réparation adverse, l’arbitre désigne le point de pénalty. Égalisation de Michel Platini qui n’a pas oublié d’embrasser le ballon avant de tirer. Les Français poursuivent leurs efforts mais ne parviennent pas à tromper Toni Schumacher, le portier allemand, qui multiplie les fautes grossières.

Au retour des vestiaires, un changement est réalisé au sein des Bleus avec la sortie sur blessure de Bernard Genghini, remplacé par Patrick Battiston. L’Équipe de France continue de dominer les Allemands. À la 56ème minute, le drame intervient. Michel Platini lance parfaitement Patrick Battiston qui se retrouve seul face au gardien. Schumacher décide de sortir à la rencontre du Français. Battiston tente un lobe qui frôle de peu le cadre allemand mais le portier adverse poursuit sa course sans s’occuper du ballon et vient percuter de plein fouet le Stéphanois. L’arbitre, Monsieur Cover, ne dit rien. Battiston est à terre, en souffrance. Il s’est pris de pleine face la hanche de l’Allemand et en perd trois dents. Il reste de longues minutes inconscient sur la pelouse avec des spasmes nerveux. Accompagné de son ami Michel Platini, il est emmené sur civière en dehors du rectangle vert. L’arbitre indique une simple remise en jeu et prend alors une des pires décisions arbitrales de l’histoire du football. Michel Hidalgo devient fou sur le bord du terrain. Schumacher aurait dû être exclu mais sera sifflé jusqu’à la fin du match et haït par de nombreux fans de football jusqu’à la fin de sa carrière.

« L’attentat » de Schumacher sur Battiston, l’une des plus grandes injustices du football mondial.

Les Bleus, enragés, donnent tout jusqu’à la fin du temps réglementaire, en vain. Les prolongations débutent et Marius Trésor donne l’avantage aux Français à la 93ème minute. Six minutes plus tard, c’est Alain Giresse qui marque le troisième but bleu et qui offre une scène de joie à jamais gravée dans l’histoire du football français. Les hommes d’Hidalgo semblent se diriger tout droit vers une finale de la Coupe du Monde. C’était sans compter l’arbitrage. Après deux fautes non-sifflées sur les joueurs français, l’attaquant adverse, Rummenigge, réduit l’écart à 3-2 sur une contre-attaque. Les Bleus flanchent et concèdent l’égalisation à la 108ème minute sur une superbe retournée acrobatique de Fischer. La prolongation se termine et la rencontre se dirige pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde vers une séance de tirs au but. La suite est connue de tous, la France s’incline après des pénaltys ratés de Didier Six et Maxime Bossis. Michel Hidalgo et ses joueurs sont en colère et inconsolables. Il faudra pourtant se relever.

Michel Platini, à terre, ne peut que constater la défaite injuste de son équipe (Photo : AFP)

23 juin 1984 : nouvelle demi-finale, nouvelle épreuve

L’année 1984 est marquée par le championnat d’Europe de football qui se tient à domicile pour les hommes de Michel Hidalgo. Après un parcours sans faute en phase de poule avec trois victoires, l’Équipe de France se retrouve une nouvelle fois en demi-finale d’un tournoi majeur, deux ans après la tragédie de Séville. Les Bleus rencontrent cette fois-ci le Portugal, la grande surprise de la compétition, qui ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin après avoir dominé au classement une certaine équipe d’Allemagne.

La France domine dans un premier temps la rencontre et concrétise cette domination par un coup-franc de Jean-François Domergue qui termine au fond des cages portugaises. Les Bleus d’Hidalgo ne parviennent pas à se mettre à l’abri et à la 74ème minute, concèdent l’égalisation par l’attaquant du Sporting Portugal, Rui Jordão. Les deux équipent ne se départagent pas dans le temps réglementaire et le match se dirige une nouvelle fois vers des prolongations haletantes. Les souvenirs du mondial 1982 ressurgissent à la 98ème minute, lorsque l’ancien joueur du Benfica Lisbonne marque son deuxième but, laissant les Bleus derrière au tableau d’affichage. Contre toute attente, à six minutes de la fin du match, Jean-François Domergue fait exulter le camp français en signant lui aussi un doublé. La rencontre se dirige tout droit vers une séance de tirs aux buts dont aucun Français ne souhaite, afin d’éviter de faire ressurgir de vieux démons. C’était sans compter la légende Michel Platini. À une minute de la fin du match, sur un centre en retrait de Jean Tigana, le capitaine des Bleus place une frappe imparable pour le portier portugais. Le stade explose, la France est libérée d’un poids, l’arbitre siffle la fin du match et les Bleus sont qualifiés pour la première finale de leur histoire. Un pas de plus vers la rédemption.

L’équipe alignée par Michel Hidalgo pour débuter la rencontre face au Portugal ( Photo : Richard Colinet / La Provence)

27 juin 1984 : la consécration

La France est en finale du championnat d’Europe de football pour la première fois de son histoire. Un exploit qui revient dans un premier temps à son sélectionneur qui a su redonner une identité de jeu aux Bleus et qui n’a pas eu peur de lancer des jeunes joueurs qui se sont avérés devenir par la suite, des légendes du football français. La finale se déroule au parc des Princes devant 47 000 spectateurs face à des Espagnols qui ont dû venir à bout du Danemark aux tirs au but en demi-finale.

Le début de match n’est pas très animé, tout comme l’ensemble de la première période avec deux équipes qui se neutralisent. Le coup du sort intervient à la 57ème minute lorsque les Bleus bénéficient d’un coup franc bien placé dans le camp espagnol. Michel Platini, spécialiste de la discipline, place son ballon. Le capitaine français enroule parfaitement sa frappe passant au-dessus du mur ibérique qui semble pourtant avoir peu de chances d’inquiéter le gardien adverse. Mais au lieu de positionner son corps et ses bras de façon à bien intercepter le ballon, Luis Arconada le laisse glisser et passer sous son ventre, tout droit en direction de ses filets. Le ballon franchit la ligne, la France mène 1-0 dans cette finale de l’Euro.

Michel Hidalgo, à jamais le premier sélectionneur champion d’Europe avec l’Équipe de France
(Photo : Icon Sport)

La suite du match est intenable pour tout le camp tricolore qui reste sans cesse sous la pression espagnole. Dans la dernière minute du temps réglementaire, Bruno Bellone vient délivrer tout un peuple en inscrivant le deuxième but des joueurs de Michel Hidalgo, grâce à une belle frappe piquée ne laissant aucune chance au malheureux portier de la Roja. Le match se termine, Hidalgo et ses compatriotes exultent. La France est championne d’Europe de football et porte en triomphe un homme qui aura à jamais marqué son histoire. Il s’appelait Michel Hidalgo.

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