International Politique

Le 1er mai 2003, les USA célébraient maladroitement « la fin des combats majeurs » en Irak

Le 1er mai 2003, le porte avion USS Abraham Lincoln arbore la banderole « Mission accomplished ». Le président Georges W. Bush prononce un discours célébrant la fin de la majeure partie des hostilités en Irak. Cette célébration suscite la controverse car la guerre en Irak est loin d’être terminée.

Le 1er mai 2003, les États-Unis annoncent la fin des « combats majeurs » en Irak, en affirmant pour autant que la guerre « n’est pas terminée ». Il s’agissait en fait d’annoncer la fin de l’« Opération Liberté irakienne » qui avait pour but d’évincer Saddam Hussein du pouvoir ainsi que le parti Baas (le parti socialiste de la résurrection arabe) et d’instaurer la démocratie. Cependant, le faste de la célébration suscite la controverse. Le président en tenue de pilote, la banderole « Mission accomplie » ressemblent trop à une autocélébration de la puissance américaine aux dépens d’une situation encore dramatique en Irak et d’une guerre désapprouvée par nombre de puissances mondiales. Les États-Unis affichent maladroitement leur supériorité, effective depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La puissance passe outre sa propre organisation, l’ONU, créée en 1945, preuve d’un changement de politique extérieure et d’un certain mépris des lois.

Le président Georges W. Bush en tenue de pilote

En Irak depuis le 20 mars 2003, Les États-Unis tentent de fait tomber le dictateur irakien Saddam Hussein. 2001 marque pour les USA, un tournant dans leur rapport à l’extérieur. Plus interventionnistes que jamais, ils débarquent, avec l’accord de l’ONU, en 2001 en Afghanistan. Si la première guerre du Golfe semble relativement légitime, la seconde suscite bien plus de controverses. Pour intervenir en Irak, les États-Unis ont accusé le pays de détenir des « armes de destruction massive » et d’avoir un lien avec Oussama Ben Laden, dirigeant du groupe Al-Qaida, et responsable des attentats du 11 septembre 2001. Or, ces accusations s’avèrent être fausses. De fausses preuves ont donc été présentées à l’ONU. L’organisation des Nations unies refuse alors que l’intervention soit menée. La France pose son veto. La première puissance mondiale passe néanmoins outre ces interdictions. L’unilatéralisme dont font preuve les Américains marque un tournant dans leur politique extérieure. George W. Bush, entouré de néoconservateurs, les « faucons », compte bien assumer et afficher la puissance américaine. En somme, les gendarmes du monde commencent à se la raconter sérieusement. Ce qui ne fera qu’enflammer les tensions avec les pays du Proche et du Moyen Orient.

Le discours célèbre de Dominique de Villepin à l’ONU contre l’intervention américaine en Irak

Le message est clair, quand la puissance américaine est attaquée, elle réplique, peu importe l’avis de la communauté internationale. Dans le cas de l’Irak, on parle de guerre préventive. C’est-à-dire une guerre faite en prévention d’un conflit, car un affrontement futur semble inévitable. C’est surprendre l’adversaire avant qu’il ne nous attaque, si tant est qu’il veuille nous attaquer… Les États-Unis donnent un grand coup de poing sur la table des puissances mondiales. Finis les pourparlers diplomatiques, place désormais à la diplomatie du char d’assaut. Quand on l’attaque, l’empire américain contre-attaque.

Georges Bush annonce l’intervention en Irak

Ce déchaînement de violences, dû aux attentats de 2001, entraîne le président Bush à commettre bien des erreurs diplomatiques, dont celle du 1er mai 2003. Dès 2001 néanmoins, le président Bush définissait un « axe du Mal » composé de l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord qui s’armeraient pour « menacer la paix mondiale ». Or l’Iran et l’Irak se détestent et n’ont aucun lien avec Ben Laden, et encore moins la Corée du Nord. L’Oncle Ben s’affiche en tant qu’unique défenseur de la paix mondiale (rappelons le combat pour cette place entre l’URSS et les États-Unis durant la guerre froide). Un défenseur de la paix mondiale qui passe outre l’ONU… Être pour la paix quand tout va bien c’est facile, mais lorsque l’on nous attaque, cela s’avère plus compliqué.

Le discours du 1er mai 2003 est le symbole d’une puissance américaine qui cherche à réaffirmer sa grandeur sur la scène mondiale. Si cette démonstration est mal perçue c’est parce qu’elle est prématurée. Les Américains ont voulu rétablir la situation au plus vite et affirmer qu’ils étaient toujours les leaders du monde. Trois mois après le début des opérations en Irak, ils veulent déjà afficher une victoire, cette « guerre éclaire » doit être le signe d’une puissance retrouvée, et même jamais perdue.

Le discours du premier mai 2003, une victoire trop précoce ?

Barack Obama, exprime des regrets quant à cette célébration du 1er mai maladroite, affirmant qu’il ne s’agissait en aucun cas d’annoncer la fin de la guerre mais seulement de « l’Opération Libertés irakiennes ». B. Obama mène le pays de telle sorte à ce qu’il conserve sa place de première puissance mais d’une manière bien moins visible, pour éviter les représailles. Il retire les troupes américaines d’Irak en 2011.

Barack Obama annonce le retrait des troupes américaines d’Irak

La guerre civile en Irak

La deuxième guerre du Golfe conduit à une déstabilisation de l’Irak qui sombre dans la guerre civile à partir de 2006. Avec ces deux interventions, les États-Unis ont fait se développer au Proche et au Moyen-Orient, un puissant sentiment d’anti-américanisme.

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