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(Municicaqs #9) – À Strasbourg, qui pour succéder à Roland Ries ?

Après Le Havre, Rennes, Saint-Étienne et Bordeaux, CAQS part à Strasbourg. Après deux mandats passés en tant que maire de Strasbourg, Roland Ries, âgé de 75 ans, a décidé de ne plus se représenter pour les élections municipales de 2020. Les Strasbourgeois auront le choix entre trois listes. Qui va lui succéder ?

Ce n’est plus un secret pour personne, le second tour des élections municipales 2020 aura lieu le dimanche 28 juin, soit plus de trois mois après le premier scrutin. Une situation inédite. L’occasion de rappeler les résultats et les enjeux des candidats à la mairie de Strasbourg.

Le 15 mars dernier, après le premier tour des élections municipales 2020 à Strasbourg, sur les onze listes présentées, quatre se sont maintenues pour le second scrutin, en recevant les 10% requis des suffrages exprimés. En tête des résultats, Jeanne Barseghian, la candidate Europe Ecologie – Les Verts, qui a recueilli 27,8% des voix. Cela représente huit points d’avance sur ses adversaires. En deuxième position, Alain Fontanel (La République en Marche) compte 19,8% des votes, suivi de très près par Catherine Trautmann (Parti Socialiste) avec 19,7%. Dernière liste qualifiée pour le second tour, celle de Jean-Philippe Vetter (Les Républicains), avec un score de 18,2%.

Hombeline du Parc, candidate pour le Rassemblement National, avait recueilli 6,2% des voix. Un score suffisant pour s’allier à une autre liste pour le second tour, mais aucune fusion n’a eu lieu.

A noter que, comme c’est également le cas dans d’autres nombreuses villes françaises, le taux d’abstention a été particulièrement élevé avec un pourcentage de 65,6%. Mais ce n’est pas une grosse surprise, les Strasbourgeois n’ont pas l’habitude de se rendre aux bureaux de vote lors des élections municipales, même en temps normal. Lors des scrutins de 2014 et 2008, les taux d’abstention avoisinaient déjà les 50%.

Jeanne Barseghian, la vague verte

Arrivée en tête du premier tour, Jeanne Barseghian, candidate à la mairie de Strasbourg investie par Europe Ecologie – Les Verts, fera cavalier seul pour le second tour des élections municipales. Malgré son appel de pied à Catherine Trautmann, la fusion n’a pas eu lieu. Aucun accord n’a été trouvé lors des négociations, notamment sur la présidence de l’Eurométropole.

La liste « Strasbourg Ecologiste et Citoyenne », soutenue par le Parti Communiste Français, s’appuie sur trois priorités : « soutenir l’emploi, investir pour la transition écologique du territoire et accompagner toutes les entreprises du territoire en concertation avec les acteurs économiques », dans le cadre de la transition écologique.

Afin d’aider l’économie locale à se relancer, Jeanne Barseghian propose de « créer un fonds d’urgence de 2 millions d’euros pour aider les commerçants à se relever de la crise ». D’autres propositions sont également soumises par la candidate EELV.

Les habitations sont également un point important de son programme. Jeanne Barseghian souhaiterait lancer la « construction de logements abordables, sociaux et très sociaux. » Ces nouveaux habitats seraient construits tout en limitant les extensions urbaines, et seraient édifiés en priorité sur des espaces déjà artificialisés. Afin d’augmenter le nombre de logements disponibles, la candidate compte reconquérir les résidences vacantes et lutter contre la prolifération des Airbnb.

Du côté des déplacements, Jeanne Barseghian prévoit de « réaliser des itinéraires cyclables sur tous les axes principaux pour connecter les quartiers et les communes proches, et un itinéraire express autour de la Grande Île. » Pour protéger les piétons, les trottoirs seraient élargis et la zone de rencontre du centre-ville pérennisée. Pour les transports en commun, Jeanne Barseghian prévoit d’instaurer la gratuité pour les moins de 18 ans ainsi que pour les moins de 25 ans qui vivent sans ressources. Une extension du réseau de tramway vers le Nord et l’Ouest et la création d’un « réseau express métropolitain en connectant les 13 gares de l’Eurométropole, en collaboration avec la SNCF et la Région Grand Est » sont également envisagées. Quant au trafic routier, l’avenue du Rhin serait transformée en 2×1 voie et les poids-lourds de transit interdits. Sur l’A35, une voie réservée aux transports en commun et au covoiturage serait créée.

D’un point de vue international, la candidate EELV veut « défendre le siège unique du Parlement européen à Strasbourg, en associant les habitant·e·s et tous les acteurs du territoire ainsi que consolider le statut de capitale européenne en multipliant les coopérations au sein de l’espace rhénan et avec les réseaux de villes européennes (transports, énergie, santé, enseignement et recherche, culture) ».

Mais certaines de ses propositions créent le débat. Jeanne Barseghian souhaite fermer le zoo de l’Orangerie, l’aéroport et s’oppose à la rénovation du Stade de la Meinau. De quoi faire réagir Jean-Philippe Vetter.

Alain Fontanel, le poulain du maire sortant

Alain Fontanel, 1er adjoint et soutenu par le maire sortant, Roland Ries, serait maintenant le favori dans la course à la mairie de Strasbourg. Son alliance à la dernière minute avec Jean-Philippe Vetter, candidat LR, devrait lui ramener plusieurs points lors du second tour. En contrepartie, en cas de victoire, la nouvelle majorité soumettrait la candidature du candidat LR pour la présidence de l’Eurométropole.

Une fusion par défaut ? Alain Fontanel avait également révélé avoir discuté avec Catherine Trautmann, candidate pour le PS, sans avoir trouvé d’accord.

Aux côtés de Jean-Philippe Vetter, Alain Fontanel a dévoilé la semaine dernière douze mesures immédiates afin de relancer l’économie. Parmi elles figurent « la suppression immédiate de taxes et redevances locales, un chèque de relance pour l’emploi local via des bons d’achat à utiliser auprès des commerçants, une accélération des investissements de la collectivité, et, une grande campagne de promotion territoriale « Envie de Strasbourg » pour faire revenir touristes et visiteurs dans notre ville ».

Les deux candidats désormais alliés garantissent également la gratuité du stationnement entre 12h et 14h, dans le but de soutenir les restaurateurs. Une mesure qui fait grincer des dents Jeanne Barseghian : « Vous parlez de cohérence, l’écologie doit être cohérente. Je ne comprends pas qu’on parle de lutte pour la qualité de l’air, et qu’ensuite on veuille remettre le stationnement gratuit entre midi et deux pour inciter les personnes à venir déjeuner en ville en voiture. C’est complètement incohérent ! », avait-elle déclaré lors d’un débat diffusé sur France 3.

Pour les logements, Alain Fontanel souhaite « améliorer votre qualité de vie (celle des Strasbourgeois, NDLR) en ralentissant le rythme de construction. »

Le programme de la liste « Unis pour Strasbourg » promet également de faciliter les déplacements en proposant « un service 24h/24 et 7j/7 pour le tramway et 10 grandes lignes de bus, un arrêt à moins de 500m de chaque habitant et une attente maximale de 15 minutes en journée. » Pour se faire, la création d’un Réseau express métropolitain et des prolongements de certaines lignes de tramway sont étudiés. Pour sécuriser les piétons, le candidat pense à « obliger le pied-à-terre pour les cyclistes dans certains secteurs le samedi après-midi, ainsi qu’à lutter contre l’impunité et les comportements à risque des cyclistes » en renforçant les campagnes de sensibilisation et de verbalisation. Sur l’A35, le candidat LREM envisage également la création d’une voie réservée aux bus et au covoiturage. Des contrôles automatiques et des verbalisations systématiques et effectives du transit des poids lourds seraient mises en place sur l’Avenue du Rhin. Enfin, Alain Fontanel pense à revenir sur l’aménagement actuel de l’Avenue des Vosges, qui pose énormément de problèmes de circulation et de stationnement.

A l’échelle internationale et pour renforcer les liens francos-allemands, plusieurs mesures sont envisagées. Notamment avec les créations de nouvelles sections de crèches bilingues, d’une bourse aux stages transfrontaliers et de jumelages de proximité entre les écoles strasbourgeoises et allemandes.

Lors de son mandat, Alain Fontanel promet également de ne pas augmenter la fiscalité et d’être « 100% engagé·e·s », en ne cumulant aucun mandat au sein d’une autre collectivité.

Catherine Trautmann, un retour à la mairie ?

Arrivée en dernière position avec 19,7% des voix, Catherine Trautmann, candidate pour le PS, a une grande expérience dans la politique. Élue maire à deux reprises, elle a également été Ministre de la Culture sous la présidence de Jacques Chirac, qui était alors en cohabitation avec Lionel Jospin.

Pour l’économie, Catherine Trautmann propose de mettre « en place un outil d’interface entre les bailleurs et les commerçants, pour intervenir sur le niveau des loyers les premiers mois en instaurant une progressivité afin d’accompagner le développement du commerce indépendant ».

Afin que chacun puisse habiter Strasbourg, son programme propose de poursuivre avec « un rythme nécessaire » les constructions de logements, mais de manière plus économe et naturelle. Catherine Trautmann et sa liste « Faire Ensemble » comptent également encadrer et limiter les AirBnb, en renforçant leur règlementation ainsi que le nombre d’agents chargés de contrôles.

Du côté des déplacements, la candidate du PS propose de créer de nouvelles pistes cyclables, notamment un « Réseau Express Vélo », qui permettrait de contourner la Grande Île en toute sécurité. Le réseau de tramway, qu’elle avait contribué à mettre en place en 1994 lors de son premier mandat, serait également prolongé vers les quartiers de Koenigshoffen et du Neuhof. Enfin, comme ses deux autres concurrents à la mairie de Strasbourg, la création d’un « Réseau Express Métropolitain » est également envisagée.

Enfin, Catherine Trautmann compte également continuer de faire évoluer les relations transfrontalières en investissant dans le « bassin rhénan par les coopérations entre institutions culturelles, par la coproduction d’expositions, de spectacles et en faisant de l’Eurodistrict un facilitateur de projets culturels et économiques de métropole transfrontalière. »

Crédit photo image de une : Solène Martin

3 comments on “(Municicaqs #9) – À Strasbourg, qui pour succéder à Roland Ries ?

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